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Le serment des barbares

1999 English

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Authors

Sansal| Boualem

Description

En poste, ce matin devant l’ordinateur. Je voulais vous raconter les rencontres MEET (voir blogs précédents) de Saint-Nazaire, tous ces écrivains et le public réunis dans un lieu étrange et magnifique – la base sous-marine –, dire les éclats de voix, de rires, les voyages insensés dans des œuvres… Mais là, ce matin, je n’entends plus que la voix de Boualem Sansal, je ne vois plus que son sourire, un peu triste. Je regarde cette photo prise devant un mur du blockaus, et ses paroles resurgissent. 

Boualem Sansal

Timidement, à voix douce, puis chargée de colère, mais toujours retenue, Boualem Sansal a parlé de l’Algérie. Ses livres interdits chez lui, les menaces de mort, les pressions (son épouse a dû démissionner de son poste de professeur), les amis, collègues qui tournent le dos, les extrémistes qui sèment la terreur… La solitude, l’effroi… Et nous tous, public, tétanisés.

Son désir de rester. Alger, c’est chez lui. Son désir de partir, parce que trop c’est trop, que ce n'est pas humain…

C'est où un autre chez lui ? La France ?

Et là, nous, on fait quoi ? 
On fait quoi pour aider Boualem Sansal ? 
On l’écoute, on lui sourit, on l’embrasse. 
Mais les signes d’amitié, de solidarité, ont quel pouvoir face à la terreur ? 
Les livres ont quel pouvoir face à la terreur ?
Me voilà toute retournée, comme tout le monde hier à Saint-Nazaire…
MEET croisait ce week-end l’histoire ou la géographie, thématique de haute actualité. 
Histoire + géographie = la guerre. 

MEET publie cinq ouvrages (www.meet.asso.fr). A nous lecteurs de faire vivre encore ces rencontres, ces échanges, ces cris, ces espoirs. 
Nous l’avions en direct, cette guerre sournoise que mènent les obscurantistes. Avec Boualem Sansal, bien sûr, et avec d’autres, les David Albahari, Mathias Enard, Vassili Golovanov, Chenjerai Hove, Wilfried N’Sondé… 
Lidia Jorge, pile électrique tout sourire, dit que la littérature ne va pas changer le monde, hein, mais que sans elle, il serait bien plus nauséabond, notre monde.
Oui. 
Mais on fait quoi, là, pour aider Boualem Sansal ?

On donne le Goncourt (et c'est bien !) à Atiq Rahimi parce que, entre autres, dans beau roman, il s'insurge contre l'obscurantisme.

Mais on donne quoi à Boualem Sansal ? On lui donne quelle solidarité ? quel espoir ?

Je ne sais pas.

A tous (sauf les bandits & cie & les intégristes) je dis : Vaillance !

A lire de Boualem Sansal :
Le Serment des barbares ; Poste restante ; Le Village de l’Allemand (ed Gallimard)

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Le roman de Boualem Sansal s'ouvre sur une grande et puissante description de la petite ville de Rouiba, non loin d'Alger. Là, comme partout en Algérie, on peut mesurer la métamorphose des villes et la métamorphose des hommes que ces trente dernières années ont transfigurés tragiquement. Après trente ans justement, Abdallah, un modeste ouvrier agricole parti travailler en France, de retour enfin au pays, ne reconnaît plus ni la terre, ni les siens. "J'ai laissé un paradis, je retrouve un enfer", confie-t-il à son frère. Absent au monde, ressassant les souvenirs d'une période heureuse où il travaillait au service des colons, Abdallah l'incompris, le marginal, se retire dans une vieille bicoque, à la sortie de la ville, près du cimetière chrétien. Un jour, on le retrouve assassiné. À ses côtés, un autre homme a été tué. Il s'agit de Si Moh, une sorte de petit parrain local, l'antithèse complète d'Abdallah. Larbi, un vieil inspecteur qui tente d'éviter comme il le peut toute forme de corruption, mène l'enquête. Le Serment des barbares est un roman unique sur l'histoire de l'Algérie. Amer et désenchanté, Boualem Sansal brosse un portrait et une histoire sans concession de son pays. Mais aussi critique soit-elle, cette vision est supplantée par une langue poétique et passionnée, l'attachement indéfectible de l'auteur à son pays natal s'y lit à chaque phrase. Le Serment des barbares a reçu en 1999 le prix du Premier Roman.